Idole de nuit
Je cherchai ta lumière, par monts et par vaux,
Comme elle naquit de par les hauteurs sans rivaux.
Lentement tu glissas dans l'océan d'onyx ;
Tu voguas, ri-eu-se-ment, ô idole de Nyx.
Sur nos contrées se couchait un bien sombre voile ;
Il fut bientôt l'heure des noirceurs, l'heure du grand mal.
Prétentieux œil d'opaline, tu te moquas
De nos odieuses besognes et obscurs tracas.
Du firmament tu les vis : ces sournois serpents
Se traînant dessus nos cœurs meurtris ; corrompant.
Tu les remarquas bien vite à notre arrivée,
Au début, quand notre navire eut dérivé.
Tant que tu le peux, alors que tu es entière,
Brille et projette encor, depuis ta place altière,
Tes mystiques et fantomaux rayons sur mes yeux,
Qu'ils s'infiltrent jusqu'à mon cœur fuligineux.
À ceux qui te contemplent, fais-leur ce cadeau ;
Aie pitié et sauve-les de leur noir fardeau.
Pour le moins, dissipe leur brouillard innommable ;
Détourne-les de leurs pensées inénarrables.