Séparation
Ô enchanteresse et divine Nature,
Ton immense beauté ne peut que m'émouvoir.
Ton apparat vermeil, chatoyant et pur,
Caresse mon âme et mon cœur d'un grêle espoir :
Que jamais plus ne tombent tes douces feuilles ;
Que jamais plus ne me quitte ta candeur ;
Que jamais plus n'affleure ce maudit écueil
De te voir partir en vain, les yeux en pleurs.
Un espoir bien sot autant que puéril :
Prison de grès où mon déni se promène,
Très fort priant que de novembre à avril,
Nulle glace, à toi ma chère, ne s'en prenne.
Tandis que le sable du temps file et glisse,
Inéluctablement, ta peau devient blême.
L'hiver rampant te souffle ses noirs prémices ;
Nous souffle ça morne et vile haleine suprême.
Alors apparaissent en miroir des étoiles :
Scintillent, ta rosée et mes larmes fatales.
Surgit ton sommeil, semblant durer cent ans.
Aussi, tous les ans c'est du pareil au même,
Je le regrette. Je ne prends pas le temps
De t'envoyer ne serait-ce qu'un seul : je t'aime.